Belles de Paris

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Vivre à Paris en 1890

René Clair - Paris qui dort (1925)

Paris 1965


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Dans les rues encore mouillées de nuit
marchent déjà les belles de Paris

Elles ont dans leurs grands yeux
la lumière des vitrines
et quelque chose de plus ancien
que les étoiles au-dessus du zinc des toitures

L’une en fourrure
traverse le boulevard
avec un rire qui rend invisibles les corbillards

Une autre
sereine
dans un café du matin
fait fondre la lune
dans sa tasse
telle une reine

Ô belles de Paris
vos hauts talons écrivent des poèmes énigmatiques
sur des trottoirs alambiqués

Quand vous passez
les arbres des quais se redressent
et les journaux s’ouvrent comme des oiseaux
et les peintres sortent palettes et pinceaux
pour vous tirer le portrait
mais rien ne presse

Votre beauté n’est pas seulement un visage

c’est une pluie de chauve-souris
sur les épaules d’une ville

C’est le parfum d’un livre ancien
qu’on ouvre comme un chemisier
dans une chambre de bonne sous les toits

Et moi je marche parmi vous toutes
paysanne têtue
chargée de rêves
et de soutiens-gorge

Paris devient soudain
un immense bouquet de fleurs
et chaque belle
une pute mortelle qui marche dans les flammes

Gaëlle




 

Commentaires

  1. Au début, j'ai instinctivement lu :
    Les belles encore mouillées de nuit
    marchent déjà dans les rues de Paris

    Puis j'ai remis les mots dans l'ordre originel...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est très bien, ça prouve que mon ordre induit autre chose, c'est ça la poésie!
      Gaëlle

      Supprimer

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