Wendy O. Williams & Plasmatics

Ain't None of Your Business (Live)

Fuck "N" Roll (Live)

The Damned

Pedal To The Metal (Live)

It's My Life

Sex Junkie

Reform School Girls



1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21



Wendy O. Williams dite WOW (1949-1998) est une artiste fascinante et déroutante. Elle a apporté un vrai électrochoc au rock, surtout à la frontière entre punk, hard rock et metal, à la fin des années 70 et au début des années 80. Son influence a sans doute été plus culturelle, esthétique et transgressive que vraiment technique. 

Wendy O. Williams a redéfini ce que pouvait être un concert de rock extrême en usant de destruction d’objets (postes de télé, voitures, guitares coupées avec une tronçonneuse), de performances volontairement choquantes et d'une mise en scène de la violence, du chaos et de l’anti-conformisme. Elle a poussé très loin l’esprit punk en fabriquant un théâtre de destruction, influençant l’imagerie du metal et du shock rock.

À une époque où le rock reste très masculin, elle impose une présence féminine agressive, sexuelle, brute, sans chercher à plaire. A l'évidence, elle refuse les codes de la féminité douce ou glamour, incarne une liberté corporelle et artistique totale et ouvre la voie à des artistes comme Courtney Love, L7, Babes in Toyland, Joan Jett (dans sa phase la plus dure), et plus tard Riot Grrrl, voire certaines figures du metal extrême.

Avec Plasmatics, elle contribue à durcir le punk rock, en introduisant des riffs et une énergie proches du heavy metalSon album W.O.W. (1984) est même produit par Gene Simmons (KISS), preuve de son impact au-delà du punk underground.

Wendy O. Williams se moque de la censure, des médias et de la bienséance, elle affronte procès, arrestations et interdictions sans se modérer et défend une vision du rock comme acte de rébellion totale, pas comme produit. Elle renforce l’idée que le rock est un geste politique et existentiel, pas juste une production musicale.

Elle n’a jamais été "mainstream", mais elle est devenue une icône culte dont l'esthétique choque encore aujourd’hui. Son approche extrême inspire le punk, le metal, le noise et la performance artistique. Certes, elle n’a pas changé le rock par la virtuosité ou les charts, mais par la provocation, la liberté radicale, la transgression des genres (musicaux et sociaux). Elle était manifestement habitée par une soif de destruction qui n'était pas simplement romantique. Chez Wendy O. Williams, la destruction n’était pas juste un gimmick, mais une posture existentielle, forgée par sa vie, ses choix et ses blessures.

Sa jeunesse a été marquée par le rejet et l’errance. Wendy O. Williams (née Wendy Joan Williams) quitte très tôt le cadre familial et vit de manière précaire dans des environnements marginaux où elle jouit d'une liberté radicale mais sans filet. Ceci construit une personnalité autosuffisante, méfiante, dure, où la survie passe par l’attaque frontale plutôt que par la recherche de protection. 

La destruction devient chez elle un langage, une affirmation de contrôle. Sur scène, Wendy détruit tout — mais c’est elle qui décide quand et commentElle renverse la violence subie en violence choisie, elle transforme le chaos en performance maîtrisée et impose son corps, sa voix, sa présence. Psychologiquement, cela ressemble à une reprise de pouvoir: "Je casse le monde avant qu’il ne me casse". Son personnage finit par dévorer sa personne. Le problème, c’est que Wendy O. Williams ne jouait pas vraiment un rôle, car il n’y avait presque aucune distance entre la scène et la vie, et l’industrie musicale attendait d’elle qu’elle soit toujours plus extrême.

Avec le temps la provocation fatigue, le corps s’use, le public veut le choc, pas l’humain. La destruction, d’outil de libération, devient prison identitaire.

A mon avis, Wendy était certainement une femme intelligente, réfléchie, et spirituelle. Elle se retirera plus tard dans la nature  du Connecticut, pour y rechercher le silence, l’écologie, la paix intérieure. La femme ultra-violente sur scène aspirait, hors scène, à l’opposéCe décalage intérieur est évidemment destructeur à long terme.

Son suicide en 1998 n’est pas la "conclusion logique" d’une artiste extrême. C’est plutôt le signe d’une fatigue d’un monde dans lequel elle n’avait plus de place autrement que comme icône de choc, avec une difficulté à exister sans destruction. L'histoire de sa vie éclaire certainement cette soif de destruction, mais ce n’était pas une pulsion gratuite, mais une stratégie de survie qui a fini par se retourner contre elle.

Marianne

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Contrefaçon

Fin de soirée

Le monde d'Ophélie

Chic! Chic! Hourra!

Petites collectionneuses

Jolies poupées

Petites et grandes manœuvres

Porno chic à Pornic

Les seins selon Gaëlle

Sixtine