Arthur Schopenhauer

Comprendre Schopenhauer

Renoncer à être heureux

La métaphysique, l'amour, le sexe

Les femmes


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Bien que Schopenhauer n'aimât pas beaucoup les femmes, au Presbytère, nous l'aimons beaucoup, plus exactement nous aimons sa philosophie et sa vision de la condition humaine. Ophélie aussi l'aimait. D'ailleurs c'est elle qui m'a initiée à sa philosophie. Pourtant, ce terrible philosophe est souvent cité pour ses propos très misogynes, notamment dans son essai "Sur les femmes". Mais pour comprendre pourquoi il "n’aimait pas les femmes", il faut replacer ses idées dans son contexte philosophique et personnel.

Schopenhauer est l’un des grands penseurs du pessimisme. Dans son œuvre majeure, "Le Monde comme volonté et comme représentation", il décrit la vie comme dominée par une "volonté" irrationnelle, source de toutes nos souffrances.

Dans cette logique, il voit les relations humaines — y compris l’amour — comme truffées d'illusions dictées par l’instinct de reproduction. Selon lui, les femmes seraient davantage associées à cette "volonté de vivre" et de perpétuer l'espèce, que les hommes, ce qui nourrit ses jugements négatifs à leur égard.

Ses propos, évidemment, reflètent aussi les préjugés du XIXème siècle. À cette époque, beaucoup de philosophes, scientifiques et artistes (même reconnus) tenaient des discours très critiques envers les femmes, les considérant comme inférieures intellectuellement.

Schopenhauer va cependant plus loin que la moyenne. Par exemple, il affirme que les femmes seraient "courtes de vue" ou guidées par des intérêts pratiques plutôt que par la raison.

Sa vie personnelle a aussi probablement renforcé ses opinions. Il avait une relation très conflictuelle avec sa mère, Johanna Schopenhauer, une femme indépendante et célèbre qui le dévalorisait. Ainsi, il n’a jamais connu de relation amoureuse stable et a eu des conflits avec des femmes dans sa vie quotidienne (dont un incident judiciaire avec une voisine). Ces éléments ont pu nourrir une vision amère et généralisée.

Il faut aussi noter que Schopenhauer aimait provoquer. Ses écrits sur les femmes sont souvent exagérés, généralisateurs et volontairement polémiques.

Pour ce qui est de l'homosexualité, la position d'Arthur Schopenhauer est plus nuancée. Dans "Le Monde comme volonté et comme représentation"", Schopenhauer analyse la sexualité comme une ruse du "vouloir-vivre" pour assurer la reproduction. Or, pour lui, l’homosexualité pose un problème: ne menant pas directement à la reproduction, elle devrait être plus acceptable. Or, sa réponse est étonnante: selon lui l’homosexualité est une sorte de stratégie indirecte de la nature qui servirait à éviter des reproductions jugées "défavorables" (par exemple chez des individus trop âgés ou mal assortis). Donc, même si elle ne produit pas d’enfants, l'homosexualité resterait, selon lui, fonctionnelle dans le système global de la volonté de vivreC’est une vision spéculative, mais moins moraliste que celle de beaucoup de ses contemporains, car il ne condamne pas l'homosexualité comme "péché", mais tente simplement de l’expliquer.

Contrairement à la morale dominante du XIXème siècle, Schopenhauer ne voit pas l’homosexualité comme une faute morale et l’analyse plutôt comme un phénomène naturel, même s’il le considère comme "déviant" au sens de non reproductif. En cela, il est presque en avance sur certains penseurs de son époque, en adoptant une approche quasi biologique plutôt que religieuse.

Schopenhauer parle très peu spécifiquement du lesbianisme, mais on peut déduire sa position à partir de son système. Les relations entre femmes, comme toute homosexualité, échappent directement à la reproduction, donc à la finalité principale du "vouloir-vivre". Il les verrait probablement comme une variation du même mécanisme compensatoire (éviter certaines unions reproductives). Mais surtout, étant donné son mépris général pour les femmes, il ne développe pas une analyse détaillée ou empathique du lesbianisme. Et c'est dommage!

De toute évidence, il y a une tension intéressante dans sa pensée. D’un côté, il critique fortement les femmes car elles incarneraient le vouloir-vivre, et de l’autre, il explique l’homosexualité comme un mécanisme de ce même vouloir-vivre. Donc même ce qui semble aller contre la reproduction reste, chez lui, intégré dans la logique de la volonté. Nous ne sommes pas d'accord...

En résumé, Schopenhauer ne condamne pas moralement l’homosexualité. Il la voit comme une ruse de la nature dans le cadre du vouloir-vivre. Il ne traite presque pas du lesbianisme, mais s'il l'avait fait, il l’aurait probablement inclus dans cette même logique. Ses idées sur le sujet restent trop spéculatives, trop marquées par son époque et sans base scientifique, et c'est dommage. Pour nous, le lesbianisme n'est pas à inclure dans le vouloir-vivre, car il échappe aux conséquences néfastes du désir dénoncées par Schopenhauer. Certes, c'est bien un refus (même inconscient) d'engendrer, mais c'est aussi l'expression d'une contemplation esthétique, donc une manière chère à Schopenhauer d'échapper à la souffrance. Nous aimons la femme comme une œuvre d'art créée par la nature, et nous aimons lui faire l'amour, ce qui représente un merveilleux témoignage de notre dévotion... La femme, c'est aussi pour nous une sorte de poupée vivante, un fantastique "toy" que chacune aime à manipuler et à être, rien que pour être manipulée.

Honorine

The Dark Doll



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