Je ne m'imaginais pas



Elle s'écoule lentement et paisiblement la vie au presbytère. C'est l'hiver et, comme chacun sait, à la campagne, l'hiver est une longue saison qui n'incite pas à la joie. Les filles sont souvent à l'intérieur, sauf certains samedis et dimanches quand perce un malheureux rayon de soleil. Alors elles s'en vont courir sur les routes et chemins boueux, tandis que moi, je reste tranquillement au chaud, parce que depuis quelque temps, moi, je ne vais plus courir avec elles, je me sens trop vieille, trop fatiguée. Je ne m'imaginais pas...

En semaine, en fin d'après-midi, arrivent d'abord les "jeunes". Dans l'ordre: Gaëlle, Aimy et Honorine, puis plus tard Karine. Bien souvent, elles reviennent crevées de leur boulot. Marianne et moi les accueillons comme il faut, avec du thé, des câlins, de la brioche, parfois une tarte Tatin... Nous échangeons, nous discutons, nous nous caressons un peu, mais pas trop, faut en garder pour plus tard. Le plus souvent, le dynamisme et la gaieté reviennent vite. Elles racontent ce qu'elles ont fait ou vu, ces jeunes chattes, surtout Aimy, qui a généralement passé sa journée avec Gwendoline, sa patronne, à vider des maisons ou à enchérir sur des objets dans des salles des ventes. Après, comme des gamines espiègles, elles montent dare-dare prendre un bain bien chaud, tandis que Marianne et moi préparons le dîner.

Après le repas, nous passons la soirée ensemble. Nous lisons, nous informons, écoutons de la musique. Marianne, Aimy, Gaëlle et Honorine écrivent des poèmes, se les lisent tour à tour tout haut, échangent leurs avis ou travaillent sur le présent blog. Je ne sais pas si ça durera, mais elles ont attrapé le virus de la poésie. Je ne suis pas connaisseuse, mais je trouve que ce qu'elles écrivent n'est pas mal du tout. J'aime. Elles lisent aussi des poèmes d'Ophélie.

Vers 22 heures 30, soit ensemble, soit l'une après l'autre, elles se rendent sur les matelas du grand salon pour faire des galipettes, puis l'amour devant les flammes de la cheminée. Ça dure rarement après minuit. Après les galipettes, ça commence par des petits bisous et des sucettes au bout des seins, puis ça continue avec nos merveilleux accessoires. Quand je ne suis pas trop fatiguée, je me joins à elles et participe avec joie à leurs ébats. Quand j'y pense, c'est terrible de devenir vieille! Je ne m'imaginais pas. Parfois, je ne les rejoins pas et vais me coucher, mais de les entendre jouir et rire me pousse à redescendre dans le grand salon. Alors moi aussi je participe à la fête...

Joséphine

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