Western

 

Outlaw Prairie


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C’est une longue rue qui s’étire, droite, sans un passant.

Seules y déambulent des poupées sexy, toutes armées jusqu’aux dents.


Fiers mannequins, seins en avant, hanches en feu,

Fatales créatures qui rêvent en souriant à d’autres jeux.


Leurs robes de soie, trop lourdes ou pas assez neuves,

Inertes sur des planches en bois, ont quitté leurs jolis corps de jeunes veuves.


Au fond du grand saloon, le piano dort,

Et sur le comptoir, reposent les colts de leurs amants morts.


Au loin, des chevaux hennissent dans la poussière,

Plutôt peut-être des rires de pendus ou d’amères prières?


Dans le saloon, personne ne rit plus, ne boit plus, n’a vu dieu,

Les dents de ces dames toujours luisent, mais plus pour les absents,


Ces mâles pathétiques, partis sans même dire adieu,

Emportant avec eux, bon débarras, le sang, l’alcool et le temps.


Le vent violent soulève un chapeau et, d'un lavabo, tombe

Un verre à dents, comme ces filles dans un même lit, qui explosent comme des bombes.


Demain, peut-être, le train sifflera trois fois,

Mais ce soir, le saloon ne sera plus qu’un étroit tombeau froid.


Marianne

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