Je ne m'imaginais pas
Elle s'écoule lentement et paisiblement la vie au presbytère. C'est l'hiver et, comme chacun sait, à la campagne, l'hiver est une longue saison qui n'incite pas à la joie. Les filles sont souvent à l'intérieur, sauf certains samedis et dimanches quand perce un malheureux rayon de soleil. Alors elles s'en vont courir sur les routes et chemins boueux, tandis que moi, je reste tranquillement au chaud, parce que depuis quelque temps, moi, je ne vais plus courir avec elles, je me sens trop vieille, trop fatiguée. Je ne m'imaginais pas... En semaine, en fin d'après-midi, arrivent d'abord les "jeunes". Dans l'ordre: Gaëlle, Aimy et Honorine, puis plus tard Karine. Bien souvent, elles reviennent crevées de leur boulot. Marianne et moi les accueillons comme il faut, avec du thé, des câlins, de la brioche, parfois une tarte Tatin... Nous échangeons, nous discutons, nous nous caressons un peu, mais pas trop, faut en garder pour plus tard. Le ...